Un commentaire

  1. Augusto Zanella dit

    Bonjour Sœurs de la Miséricorde,

    Je me permets d’intervenir, parce que je connais certaines d’entre vous (sœurs Gregoria, Dominique,..) et que j’aimerais rester en contact avec vous. Quand j’étais plus jeune, j’avais des échanges épistolaires avec un oncle curé (des Padri Oblati) et des tantes sœurs (de Maria bambina) qui maintenant sont morts et me manquent. Ne vous sentez pas obligées de répondre.

    « Aimer Dieu, c’est le préférer à tout et à nous mêmes …renoncer à soi-même….tenir son cœur dans le détachement des créatures », me fait un peu peur, comme phrase. Cela ressemble à un suicide.
    Dieu, pour moi, est « tout ce qui existe », tout. En observant le ciel la nuit, on peut presque Le regarder dans les yeux. Nous aussi, donc, tout petits, nous sommes des atomes de Dieu. Nous sommes une infime partie de Lui. Nous ne pouvons pas renoncer à nous même sans renoncer à lui, puisque nous sommes une part de lui. Je ne crois pas que Dieu nous demande de renoncer à nous-même. Nous devrions au contraire être le plus possible nous même pour agir en tant que minuscule unité d’un tout immense qui nous contient, universel, qui a besoin de nous pour exister et qui nous a générés pour vivre pleinement de cette liberté partagée. L’isolement et la fuite, même à l’intérieur de nous-même, sont souvent dangereux. Sans les autres, nous tombons dans un puits de plus en plus noir et dépressif, le risque est de se perdre dans un firmament beau mais froid et sans âme. Nous avons besoin de moments de silence, mais il faut être en paix avec les autres et capables baigner dans la sécurité consciente d’un univers qui nous entoure et nous contient comme un berceau. Il faut d’abord atteindre cet état de conscience et de force intérieure avant de se livrer à l’isolement. Dans cet état de paix intérieure nous nous apercevons que plus nous sommes forts et équilibrés, et plus nous avons besoin de solitude, pour regarder au loin avec confiance, à la recherche de l’immensité dans un futur personnel étroitement relié à celui de l’humanité. Et quand nous sortons de cet état de méditation, nous n’avons qu’une envie : retrouver les autres pour jouir avec eux de la chance d’être vivant, sain et actif.
    Probablement le père Bazin était dans cet état de paix, mais sa pensée ne doit pas être mal interprétée. Il propose l’inverse du refus des autres et de soi-même, c’est a dire l’acceptation de soi-même et des autres créatures comme les parts d’un tout qui nous dépasse. Nous allons mourir mais pas le tout. Le Tout continuera à vivre après nous. Le bonheur vient de l’action de vivre dans ce Tout en harmonie avec ses composantes. Le Tout continuera à exister après nous en gardant avec lui (bien vivante en ceux qui viendrons après nous) la pensée qui survit à nos corps et qui contient juste un peu plus de bien que de mal a chaque génération. Parce que l’humane intelligence (uniquement celle collective) finit toujours par agir pour le bien de tout le monde. La confiance dans ce dessin divin (fruit de l’évolution du Tout) s’appelle « la fois ». Elle est universelle et présente dans tous les esprits des enfants. Elle est même indépendante des religions, même si notre pape actuel semble l’avoir en lui plus que toute autre personne au monde.
    Avec reconnaissance, bon courage, cordialement, Augusto.

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